L’avenir est dans nos bottes

L’avenir est dans nos bottes

Série de reportages, novembre 2020

L’avenir est dans nos bottes est une série d’entretiens qui s’attachent au renouvellement des générations agricoles. La moitié des paysannes et des paysans actuels sont à moins de dix ans de la retraite. Que vont devenir leurs fermes ? Aujourd’hui, la plupart rejoignent une ferme voisine. Seul un tiers sont reprises pour une création d’activité. D’un côté, une ferme à céder. De l’autre, un désir d’installation. La rencontre ne va pas de soi et cette série a pour ambition de la faciliter.

Les trois premiers épisodes prennent place sur la Montagne limousine. Ils sont le fruit de la rencontre entre Télé Millevaches et Jérémie Couédon, l’initiateur de cette série qui s’est poursuite en Bretagne pendant l’été 2020.

Au sommaire

« Les idées du repreneur, c'est du virtuel »12 '

« Le repreneur il a une idée, il a des envies, mais tout ça c’est quand même du virtuel. La réalité, c’est une ferme qui existe, ou du terrain qui existe, qui a ses atouts, ses contraintes. On peut le tourner comme on veut, c’est quand même ça au départ. »

Maryse élève des bovins en agriculture biologique. Elle devrait prendre sa retraite dans cinq ans et anticipe la reprise de sa ferme. Mais ce n'est pas une mince affaire de transmettre le travail de toute une vie : la personne qui prendra la suite devra partir de l'existant, comprendre les choix qui l'ont façonné. Et seulement ensuite, envisager d’adapter l’activité.

 

« Ne pas déplacer des montagnes du jour au lendemain »12 '

« Il faut pas déplacer les montagnes du jour au lendemain. Tu la décaleras tous les ans un peu, sinon ça peut pas marcher car tu vas t’user la santé et le porte-feuille. L'exploitation c'est une vie. »

Fabrice est berger depuis dix-sept ans. Aujourd'hui, il travaille avec 350 brebis sur 110 hectares. Il raconte les conditions de son installation il y a quelques années, le passage progressif à la vente directe et son objectif de vivre à deux de leur travail, d'ici deux ans et sans trop de dettes. Et pourtant, les grands organismes agricoles leur recommandent un minimum de 600 bêtes. Il croit en la nécessité de s'imprégner du territoire pour s'installer dans de bonnes conditions. La ferme idéale se construit en dix ans, pas moins.

« Il faut savoir que ce ne sera pas facile »10 '

« Au centre de gestion, ils ont toujours la référence d'une belle ferme d'engraissement. [...] Mais les comptables, c'est aussi menteurs que les marchands de bestiaux. Les chiffres, tu leur fais dire ce que tu veux. »

Éleveur bovin installé depuis l'âge de dix-neuf ans aujourd'hui proche de la retraite, Laurent dresse un constat sans fard sur le modèle d'exploitation historique du plateau de Millevaches. Face aux difficultés qui poussent parfois jusqu'au suicide, il s'inquiète pour les jeunes qui s'installent aujourd'hui.

« Ce n’était pas la même vie, il y a quarante ans. Installer des jeunes pour les foutre dans la merde, ce n'est pas une solution. Je pense qu'on est dans un changement d'époque mais je ne vois pas la solution. »

Fiche technique

Titre : L’avenir est dans nos bottes
Durée :
Date de production : novembre 2020
Format : HD 1080
Production et distribution : Télé Millevaches
Réalisation : Télé Millevaches
Droits : Attribution - Pas d’utilisation commerciale - Partage dans les mêmes conditions 3.0 France (CC BY-NC-SA 3.0 FR)
Rushes conservés : oui
Photos du tournage : non

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