Algérie
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Télé Millevaches
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Algérie française, un passé qui ne passe pas17' // Reportage, mars 2025À l’heure où les tensions entre l’Algérie et la France s’enveniment et que les partis de droite exploitent la nostalgie coloniale sur fond de racisme généralisé, l’association 4ACG, réunissant des anciens combattants d’Algérie militants pour la paix entre les peuples, a mené son assemblée générale à Bugeat les 15 et 16 mars 2025.
Cette association a été créée en 2004, lorsque quatre agriculteurs du Tarn se sont mis à toucher une retraite militaire de 650 euros par an en raison de leur service en Algérie. Ils décident alors de réunir d’autres anciens combattants touchant également cette pension et de la reverser à une association, la 4ACG, dans le but de financer des actions pédagogiques ainsi que des projets sociaux en Algérie et en Palestine. « L’idée était de rembourser ceux à qui nous avions causé du tort », nous dira Rémi Serres, initiateur de l’association.
L’ancien combattant revient également sur son expérience de la guerre, ainsi qu’un autre camarade d’infortune, Georges Garié, nous rappelant les atrocités de la guerre : « Le malheur pour moi, c’est que mon sergent-chef prenait plaisir à capturer des gens pour les interroger à la manière dure. » Enfin, Francine Rapiné-Fleury, « porteuse de valise » en France durant cette période, nous racontera son arrestation et sa « trouille » de la torture.
Dans l’après-midi, deux conférenciers vont décortiquer la résurgence de ce passé colonial dans les médias et la sphère politique ainsi que les tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie. « Il s’agit pour les extrêmes droites et ses gouvernements de faire payer sur le plan symbolique ce qu’ils n’ont au fond jamais accepté, à savoir l’indépendance de l’Algérie », affirme Olivier Le Cour Grandmaison, maître de conférences à l’université d’Evry-Val d’Essone. « L’Algérie se prépare depuis des années sur le plan militaire pour parer à toute invasion ou déstabilisation », de conclure le politologue franco-algérien Moussa Béchérif.
Comment être pied-noir tout en échappant à la nostalgie coloniale ?74' // Les entretiens Télé Millevaches, août 2024L’exposition sur la gastronomie algérienne organisée par le Cercle algérianiste à la bibliothèque francophone multimédia de Limoges avait suscité quelques remous. Suite à la diffusion de la brève de Télé Millevaches mettant en relief la nostalgie coloniale qui s’exprimait à travers l’exposition, nous avions reçu plusieurs messages, dont celui de Jean-Louis Maigron. Né en Algérie en 1946, il fait partie des nombreux pieds-noirs ayant quitté brutalement l’ancienne colonie à la suite des accords d’Évian en 1962.
Dans son message, il se dit choqué par l’expression utilisée par les membres du Cercle algérianiste : « en 1830, l’Algérie n’existait pas ». Jean-Louis ne partage ni cet avis ni le reste de ce qui est exprimé par l’association basée à Perpignan. Une structure clairement positionnée à l’extrême-droite, et financée par le maire Louis Aliot (RN), lui-même ancien pied-noir.
Dans cette interview, Jean-Louis nous raconte le parcours de sa famille, faisant rejoindre la petite histoire à la grande. Nous revenons d’abord sur le processus de colonisation. Avant l’arrivée des Français, l’Algérie a connu plusieurs dynasties dont le pouvoir était organisé. Ce territoire disposait de villes et d’une agriculture productive. Contrairement à ce qui est affirmé par le Cercle algérianiste, avant 1830, l’Algérie existait bel et bien.
Dans une seconde partie, nous entrerons en profondeur sur l’aspect humain de la guerre d’indépendance. « J’ai vu des Algériens abattus qu’on mettait sur le stade, gonflés au soleil... J’ai vu des attentats contre des Européens du village ». Enfin, il nous fera la lecture de quelques extraits des mémoires des maréchaux français ayant conquis l’Algérie en 1830, Thomas R. Bugeot, et Armand L. de Saint Arnaud, dont la cruauté exercée envers les populations conquises est sans appel, effrayante, sanglante.
Le travail d’historien amateur que Jean-Louis a personnellement produit sur cette période de sa vie lui a permis de prendre de la hauteur et de ne pas succomber à une nostalgie coloniale qui s’exprime pourtant fortement parmi la communauté des pieds-noirs et leurs descendants. Un ressentiment largement exploité par le Rassemblement National, parti lui-même fondé par le nostalgique assumé de l’Algérie française qu’était Jean-Marie Le Pen. Pour autant, Jean-Louis ne niera pas la blessure et les souffrances qu’ont vécu les pieds-noirs durant leur exil, ainsi que l’immense sentiment de trahison lorsque Charles de Gaulle abandonna finalement l’idée de la colonisation algérienne. « Un énorme gâchis humain », conclura-t-il, les yeux émus.
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« En 1830, l’Algérie n’existait pas »05'00'' // Brève, mai 2024Zlabia, mouna, coca : autant de plats illustrés dans un couloir de la Bibliothèque francophone multimédia (Bfm) de Limoges. Du 16 mars au 13 avril derniers, l’institution accueillait « La cuisine des Pieds-Noirs, une histoire de soleil et de mer héritée des gens d’Algérie », exposition nostalgique d’une époque où l’Algérie faisait partie de l’Empire colonial français.
Cette carte blanche donnée au Cercle algérianiste du Limousin n’a suscité dans la presse locale qu’une couverture convenue. Ses dirigeants Sandrine Morales et Patrick Graf déclarent y mettre en valeur la culture pied-noire sans adjoindre de caractère politique ou de débat historique. « En chaque Pied-Noir, il y a quelque chose qui s’est éteint. Si on peut rallumer une petite flamme avec le Cercle algérianiste, c’est une grande victoire. »
Pourtant, l’élu d’opposition Gilbert Bernard souligne la « réécriture de l’histoire » voire le « révisionnisme » de l’association fondée à Perpignan et qui célèbre son congrès annuel à Béziers : deux villes où le Rassemblement national est au pouvoir. M. Bernard s’est opposé au soutien financier accordé par la mairie de Limoges à l’antenne locale du Cercle. Pierre, usager de la Bfm, considère qu’en omettant la guerre et la spoliation coloniale avec des images de peuples vivant en harmonie, l’exposition contribue au « racisme d’ambiance » qui infuse en France.
L’accueil d’une telle exposition interroge plus largement sur les sympathies de la majorité municipale avec l’extrême-droite, selon Gilbert Bernard.
Guerre et baillonsextrait de Doc en stock, Magazine du plateau n°82, mai 2001Ce documentaire a été réalisé par les élèves du Lycée Marcel Pagnol de Limoges membres de l'atelier Ciné-passion. Il fait état de l'affaire de La Villedieu, manifestation des réservistes qui a eu lieu en 1956, pendant la guerre d'Algérie.