« En 1830, l’Algérie n’existait pas »

« En 1830, l’Algérie n’existait pas »

La bibliothèque de Limoges donne carte blanche à la nostalgie coloniale

05'00'' // Brève, mai 2024

Zlabia, mouna, coca : autant de plats illustrés dans un couloir de la Bibliothèque francophone multimédia (Bfm) de Limoges. Du 16 mars au 13 avril derniers, l’institution accueillait « La cuisine des Pieds-Noirs, une histoire de soleil et de mer héritée des gens d’Algérie », exposition nostalgique d’une époque où l’Algérie faisait partie de l’Empire colonial français.

Cette carte blanche donnée au Cercle algérianiste du Limousin n’a suscité dans la presse locale qu’une couverture convenue. Ses dirigeants Sandrine Morales et Patrick Graf déclarent y mettre en valeur la culture pied-noire sans adjoindre de caractère politique ou de débat historique. « En chaque Pied-Noir, il y a quelque chose qui s’est éteint. Si on peut rallumer une petite flamme avec le Cercle algérianiste, c’est une grande victoire. »

Pourtant, l’élu d’opposition Gilbert Bernard souligne la « réécriture de l’histoire » voire le « révisionnisme » de l’association fondée à Perpignan et qui célèbre son congrès annuel à Béziers : deux villes où le Rassemblement national est au pouvoir. M. Bernard s’est opposé au soutien financier accordé par la mairie de Limoges à l’antenne locale du Cercle. Pierre, usager de la Bfm, considère qu’en omettant la guerre et la spoliation coloniale avec des images de peuples vivant en harmonie, l’exposition contribue au « racisme d’ambiance » qui infuse en France.

L’accueil d’une telle exposition interroge plus largement sur les sympathies de la majorité municipale avec l’extrême-droite, selon Gilbert Bernard.

Fiche technique

Titre : « En 1830, l’Algérie n’existait pas »
Durée : 05'00''
Date de production : mai 2024
Format : HD 1080
Production et distribution : Télé Millevaches
Réalisation : Télé Millevaches
Droits : Attribution - Pas d’utilisation commerciale - Partage dans les mêmes conditions 3.0 France (CC BY-NC-SA 3.0 FR)
Rushes conservés : oui
Photos du tournage : non
[wpfid]

3 réponses

  1. Alain VEYRES dit :

    Mon adolescence et ma jeunesse ont été imprégnées de la guerre d’Algérie. Lors de la colonisation, la nation algérienne n’existait pas. Il s’agissait d’un bout lointain de l’empire ottoman entrain de se disloquer. Nous avions en présence des tribus nomades essentiellement rurales, assez frustres, pauvres, pour la plupart illettrées mais imprégnées par la religion, fières de leur mode de vie. La colonisation a tout fait basculer. En 1954: 8,5 millions de musulmans, 1 million de pieds-noirs, 15% de juifs, 100000 grands colons. Ces derniers ont pris les meilleurs terres, parfois plus de 1000ha avec le modernisme agricole reléguant les musulmans sur les terres les moins fertiles. Les pieds-noirs étaient essentiellement dans les villes, pas dans le bled. Il y avait de toute sorte pas forcément très riches et pas des colons. Bab el Oued n’était pas Neuilly mais les arabes étaient relégués dans la périphérie, la casbah… Le droit de vote qui leur a été accordé n’était pas équivalent à celui des français d’origine ( voir plus haut). Le 8 mai 45, des tirailleurs algériens défilent sur les Champs-Elysées et on massacre à Sétif. Le 17/10/61, on jette par dessus le parapet du Pont St-Michel des algériens venus manifester pacifiquement contre le couvre-feu. Le 8/2/62, c’est le massacre du métro Charonne. J’y étais. Neuf morts, 250 blessés. Un copain de cellule (du PCF), Daniel Ferry mort dans les grilles du métro, il avait 16 ans ! Ma conscience politique a pris naissance pendant ces périodes. Fernand Yveton, pied-noir communiste, pour l’indépendance, pose une bombe dans une usine à gaz désaffectée pour ne tuer personne. Il est arrêté puis guillotiné, Mitterand est ministre de l’intérieur. Rocard lui reproche d’avoir du sang sur les mains. Leur dissension vient de là. Une sale guerre qui ne disait pas son nom. A la fin, la violence était des deux côtés. On peut comprendre la nostalgie des rapatriés. Contrairement à ce que l’on croit, ils n’étaient pas des colons, ces derniers étaient partis depuis longtemps. On leur a fait croire des sornettes, on continue. La famille Le Pen est issu de cette histoire. Les cicatrices ne sont pas encore refermées. Rien n’était simple. Je m’arrête. J’ai écrit un bouquin là-dessus que je n’arrive pas à faire publier. Si vous connaissez un éditeur intéressé? Je n’ai pas fait mon commentaire pour cela. Cordialement.

  2. Pfyckert dit :

    Reportage scandaleux. Mauvaise foi punique. Mensonge historique. Pratiques déloyales indigne d’un média.
    Et surtout, ignorance historique, masquée par un verbiage gaucho-wokiste.

    • Pfyckert dit :

      Reportage scandaleux. Mauvaise foi punique. Mensonge historique. Pratiques déloyales indignes d’un média.
      Et surtout, ignorance historique, masquée par un verbiage gaucho-wokiste.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *