Brexit

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Portrait en plan buste d'un homme vêtu d'un costume noir, la trentaine, avec une vieille photo de famille encadrée, soigneusement tenue entre ses mains. Intérieur, grenier aménagé.Le Brexit et nous25' // Reportage, juin 2024Russell est anglais. Il s’est installé en Creuse en 2019 avec sa compagne française et leur fils. Cette année-là, c’était l’époque des négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE) sur les modalités du Brexit, voté par référendum en 2016. Pourrait-il continuer de résider de ce côté de la Manche ? Comme les presque 150 000 Britanniques de France, il doit maintenant demander un titre de séjour. Entre deux démarches administratives, il attrape sa caméra, interroge sa voisine Sally d’une part et son voisin Neil de l’autre. Sally à voté pour rester dans l’UE : Ce que je ressens avec le Brexit, c'est qu'on veut construire un mur. C’est arrivé comme ça, avec toute la désinformation et la peur que les médias nous ont servies en Angleterre. [...] "Les migrants sont venus prendre notre travail", c'est comme ça qu'ils ont obtenu une grande partie des votes. Depuis dix ans, Neil construit une maison pour sa retraite en France, son « bébé ». Il a pourtant voté en faveur du Brexit : Je savais que je votais contre mon droit à me déplacer librement. Mais on n'a jamais eu la liberté de s’installer en Amérique ou en Australie. On demande simplement un visa. Cela n'a jamais été un problème pour quiconque voyageant à travers le monde [...] Mais du moment où il faut demander un visa pour aller en France, ça devient un problème. Ce n'est pas un problème : c'est un morceau de papier. En 2023, Russell obtient son titre de séjour. Neil aurait-il raison ? Sauf que dans l’autre sens, si vous êtes britannique, que vous vivez modestement au Royaume-Uni, que vous aimez une personne étrangère, allez vivre ailleurs ! C’est en substance le message envoyé par le gouvernement : si Russell décidait de rentrer au Royaume-Uni en 2025, il devrait justifier d’un revenu annuel de plus de 45 000 € pour que sa compagne l'y rejoigne.

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